Editions Paris-Méditerranée, Paris, 2001
10,00 Euros (Plus que quelques exemplaires)
Au-delà du visage
stérile et craquelé
de l’exil
et de tes gestes
bridant l’horizon,
corps solitaire,
racine écorcée,
je prends les hauteurs
du mirage
et remonte le plat désert.
Devant moi,
la page est abîme,
les mots poussière
s’y engloutissent,
le vertige absorbe
le regard,
l’écho boit
sa propre ouïe.
Pour rejoindre le sillage
de ma plume,
nul besoin de toi,
graine d’homme,
ni du tuteur creux
de ton oreille.
Dans ce désert,
où l’humanité larve
quitte le cadavre
pour ronger les débris
de ses propres entrailles,
je plonge mon existence
dans l’abîme absence
redressant le regard
pour fixer le soleil,
écumes rires
des astres jetés
dans le chaos.
Néant
d’un ciel
balayé par l’infini.
Rien ne distingue le rire
que la mort m’apportera,
de la folie offerte
par cette coupe
d’écumes où flottent
l’existence et le néant.
Homme,
Pense
au fils du bâtisseur de tente[1]
et à sa désespérance lucide.
Ne piétine pas
la racine de la vigne.
Dans son tanin,
trempe l’antidote
de tous tes chagrins.
[1] Allusion à Omar Khajjam, philosophe,
mathématicien, astrologue et poète persan du XIe siècle.




